Aller au contenu principal
Courteo Prêts

Blog / Travailleur autonome

Travailleur autonome

Prêteurs B vs prêteurs A : quand passer chez un alternatif au Québec

Refus chez les grandes banques ? Les prêteurs B (MCAP, Equitable, Home Trust) sont une option — à condition de planifier la sortie. Les règles du jeu.

Publié le · 7 min de lecture · Équipe Courteo

Vous êtes travailleur autonome, vous avez un dossier atypique, ou la banque vient juste de refuser votre demande. On vous parle de « prêteurs B » ou de « prêteurs alternatifs » comme alternative possible. Voici ce que ça veut dire concrètement, à quel prix, et surtout — comment ne pas y rester collé·e.

Prêteurs A vs prêteurs B : la distinction

Prêteurs A — banques traditionnelles

Les Big 6 (Royale, TD, BMO, CIBC, Scotia, Nationale), Desjardins, et les grandes coopératives de crédit. Ils prêtent uniquement aux dossiers qui rentrent dans des grilles strictes : revenus prouvables sur 2 ans avec feuillets d'impôt, cote de crédit ≥ 660, ratios TDS ≤ 44 %, stress test passé. Taux les plus bas du marché (2-5 % typiquement).

Prêteurs B — alternatifs / mono-ligne

MCAP, First National, Equitable Bank, Home Trust, B2B Bank, RFA, CMLS et plusieurs autres. Ils prêtent à des dossiers que les A refusent : travailleur autonome avec déclarations atypiques, nouvel arrivant sans historique de crédit canadien, propriété atypique (chalet, multi-logements), credit reconstruction. Taux plus élevés (typiquement 1-3 % au-dessus des prêteurs A) et frais de dossier (lender fee) souvent de 1 % du prêt.

Prêteurs C / privés

Au-delà des B, il y a les prêteurs privés : individus ou fonds qui prêtent à des taux beaucoup plus élevés (8-15 %) sur de très courtes périodes. Hors champ de cet article — c'est un dernier recours d'urgence à utiliser avec précaution et toujours via un courtier AMF.

Quand un prêteur B est pertinent

Cinq profils typiques où la banque traditionnelle ne suffit pas :

  1. Travailleur autonome avec revenus déclarés bas (optimisation fiscale légale via dépenses déductibles). Le revenu net déclaré dans la déclaration de revenus ne reflète pas la capacité réelle de paiement. Les prêteurs B regardent les dépôts bancaires des 12-24 derniers mois.
  2. Nouvel arrivant sans 2 ans d'historique de crédit canadien.
  3. Reconstruction de crédit après faillite, proposition de consommateur, ou divorce avec impacts sur la cote.
  4. Propriété non standard — multi-logement de 5+ portes, propriété rurale, chalet sans accès quatre saisons, terrain agricole.
  5. Refus récent en banque pour un motif technique (ratio TDS trop tendu, stress test raté de peu) — un prêteur B peut accepter avec une marge supplémentaire.

Le coût réel d'un prêteur B

Comparons un même prêt de 350 000 $ sur 5 ans :

ÉlémentPrêteur A typiquePrêteur B typique
Taux contractuel4.79 %6.49 %
Paiement mensuel (amortissement 25 ans)2 010 $2 350 $
Frais de dossier (lender fee)0 $3 500 $ (1 %)
Frais courtier (broker fee)0 $ (payé par prêteur)1 000-3 500 $ (parfois)
Coût additionnel sur 5 ans~24 000 $

Sur 5 ans, un prêteur B coûte typiquement 20 000 à 30 000 $ de plus qu'un prêteur A pour le même prêt. C'est le prix de l'accès au crédit quand le canal traditionnel est fermé.

La règle d'or : le plan de sortie

Personne ne devrait rester chez un prêteur B plus longtemps que nécessaire. Au moment de signer chez un B, vous devez déjà avoir un plan de sortie vers un prêteur A — typiquement à l'échéance du premier terme (12 ou 24 mois).

Le plan de sortie type ressemble à ça :

  1. Année 1-2 chez le prêteur B : vous payez vos versements à temps, vous bâtissez une stabilité de revenus.
  2. Mois 18-20 : un courtier AMF prépare un dossier complet pour soumission chez un prêteur A. À ce moment-là, vous avez 18-24 mois d'historique de paiement hypothécaire impeccable, votre cote de crédit s'est améliorée, et votre revenu déclaré est plus solide.
  3. Mois 22-24 (échéance) : transfert chez un prêteur A. Pas de pénalité (échéance), taux normal, économies de 20-30k$ sur les 5 années suivantes.

Sans ce plan, le risque est de se retrouver à renouveler chez le prêteur B pour un autre 24 mois — à un nouveau frais de 1 %, encore au taux B. C'est ce qu'il faut absolument éviter.

Les questions à poser avant de signer chez un prêteur B

  1. Quel est le terme idéal ? Souvent 12 ou 24 mois, jamais 5 ans, justement pour avoir une fenêtre de sortie rapide vers un A.
  2. Y a-t-il une pénalité de remboursement anticipé ? Beaucoup de prêteurs B ont des pénalités IRD très lourdes — vérifier avant de s'engager.
  3. Quels sont les frais totaux ? Frais de prêteur, frais de courtier, frais d'évaluation, frais notariaux — additionner tout pour comparer honnêtement avec un prêteur A.
  4. Quels critères devrai-je atteindre pour passer chez un prêteur A à l'échéance ? Le courtier doit pouvoir vous donner une feuille de route claire (revenu déclaré minimum, cote de crédit cible, durée de stabilité).

Erreurs fréquentes

1. Aller direct chez un prêteur B sans avoir testé les A

Beaucoup de travailleurs autonomes pensent automatiquement « je suis autonome donc B ». Faux. Plusieurs prêteurs A acceptent les autonomes avec des programmes spécifiques (Self-Employed Programs avec déclaration de revenus stated income, Bank Statement programs). Toujours tester les A avant.

2. Signer un terme de 5 ans chez un B

Vous payez 5 ans de surprime, sans bénéficier de la sortie naturelle à l'échéance courte. Toujours négocier 12-24 mois.

3. Ne pas réviser le dossier à mi-terme

Si vous attendez la lettre de renouvellement du prêteur B, c'est trop tard pour un transfert vers un A propre. À 6 mois de l'échéance, on rappelle un courtier AMF pour préparer le transfert.

Ce que Courteo peut faire

Courteo n'est pas courtier. On vous met en relation avec un courtier hypothécaire titulaire d'un permis AMF qui a accès à la fois aux prêteurs A et B au Québec, et qui sait construire un dossier B avec un plan de sortie clair vers un A. La pire chose à faire avec un dossier atypique, c'est de le présenter en silo à une seule banque — c'est exactement ce qu'un courtier permet d'éviter.

Démarrez votre dossier sur Courteo Prêts →


Article rédigé par l'équipe Courteo. Aucune information ici ne constitue un conseil financier ou hypothécaire personnalisé. Pour cela, mettez-vous en relation avec un courtier hypothécaire titulaire d'un permis AMF.

Courteo est une plateforme technologique de mise en relation. Courteo n’est pas courtier, ne donne pas de conseil hypothécaire et n’affiche pas de taux. Les courtiers de notre réseau sont titulaires d’un permis AMF et restent seuls responsables de l’analyse de votre dossier.

À lire aussi